Nouvelles histoires extraordinaires

By Edgar Allan Poe

Page 8

à l'une de ces trois divisions. Il était avant tout sensible
à la perfection du plan et à la correction de l'exécution; démontant les
oeuvres littéraires comme des pièces mécaniques défectueuses (pour le
but qu'elles voulaient atteindre), notant soigneusement les vices de
fabrication; et quand il passait au détail de l'oeuvre, à son expression
plastique, au style en un mot, épluchant, sans omission, les fautes de
prosodie, les erreurs grammaticales et toute cette masse de scories,
qui, chez les écrivains non artistes, souillent les meilleures
intentions et déforment les conceptions les plus nobles.

Pour lui, l'Imagination est la reine des facultés; mais par ce mot il
entend quelque chose de plus grand que ce qui est entendu par le commun
des lecteurs. L'Imagination n'est pas la fantaisie; elle n'est pas non
plus la sensibilité, bien qu'il soit difficile de concevoir un homme
imaginatif qui ne serait pas sensible. L'Imagination est une faculté
quasi divine qui perçoit tout d'abord, en dehors des méthodes
philosophiques, les rapports intimes et secrets des choses, les
correspondances et les analogies. Les honneurs et les fonctions qu'il
confère à cette faculté lui donnent une valeur telle (du moins quand on
a bien compris la pensée de l'auteur), qu'un savant sans imagination
n'apparaît plus que comme un faux savant, ou tout au moins comme un
savant incomplet.

Parmi les domaines littéraires où l'imagination peut obtenir les plus
curieux résultats, peut récolter les trésors, non pas les plus riches,
les plus précieux (ceux-là appartiennent à la poésie), mais les plus
nombreux et les plus variés, il en est un que Poe affectionne
particulièrement, c'est la _Nouvelle_. Elle a sur le roman à vastes
proportions cet immense avantage que sa brièveté ajoute à l'intensité de
l'effet. Cette lecture, qui peut être accomplie tout d'une haleine,
laisse dans l'esprit un souvenir bien plus puissant qu'une lecture
brisée, interrompue souvent par le tracas des affaires et le soin des
intérêts mondains. L'unité d'impression, la _totalité_ d'effet est un
avantage immense qui peut donner à ce genre de composition une
supériorité tout à fait particulière, à ce point qu'une nouvelle trop
courte (c'est sans doute un défaut) vaut encore mieux qu'une nouvelle
trop longue. L'artiste, s'il est habile, n'accommodera pas ses pensées
aux incidents, mais, ayant conçu délibérément, à loisir, un effet à
produire, inventera les incidents, combinera les événements les plus
propres à amener l'effet voulu. Si la première phrase n'est pas écrite
en vue de préparer cette impression finale, l'oeuvre est manquée dès le
début. Dans la composition tout entière il ne doit pas se glisser un
seul mot qui ne soit une intention, qui ne tende, directement ou
indirectement, à

Last Page Next Page

Text Comparison with The Raven

Page 0
" Ah, distinctly I remember it was in the bleak December, And each separate dying ember wrought its ghost upon the floor.
Page 1
"Surely," said I, "surely that is something at my window lattice; Let me see, then, what thereat is and this mystery explore-- Let my heart be still a moment and this mystery explore;-- 'Tis the wind and nothing more.
Page 2
Quoth the Raven, "Nevermore.
Page 3
" "Prophet!" said I, "thing of evil!--prophet still, if bird or devil!-- Whether Tempter sent, or whether tempest tossed thee here ashore, Desolate, yet all undaunted, on this desert land enchanted-- On this home by Horror haunted--tell me truly, I implore-- Is there--_is_ there balm in Gilead?--tell me--tell me, I implore!" Quoth the Raven, "Nevermore.
Page 4
" And the Raven, never flitting, still is sitting, still is sitting On the pallid bust of Pallas just above my chamber door; And his eyes have all the seeming of a demon's that is dreaming And the lamp-light o'er him streaming throws his shadows on the floor; And my soul from out that shadow that lies floating on the floor Shall be lifted--nevermore!.