Nouvelles histoires extraordinaires

By Edgar Allan Poe

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narines qui s'accorde rarement avec
une pareille forme,--un menton d'un modèle charmant, mais qui, par un
manque de saillie, trahissait un manque d'énergie morale,--des cheveux
d'une douceur et d'une ténuité plus qu'arachnéennes,--tous ces traits,
auxquels il faut ajouter un développement frontal excessif, lui
faisaient une physionomie qu'il n'était pas facile d'oublier. Mais
actuellement, dans la simple exagération du caractère de cette figure et
de l'expression qu'elle présentait habituellement, il y avait un tel
changement, que je doutais de l'homme à qui je parlais. La pâleur
maintenant spectrale de la peau et l'éclat maintenant miraculeux de
l'oeil me saisissaient particulièrement et m'épouvantaient. Puis il
avait laissé croître indéfiniment ses cheveux sans s'en apercevoir, et,
comme cet étrange tourbillon aranéeux flottait plutôt qu'il ne tombait
autour de sa face, je ne pouvais, même avec de la bonne volonté, trouver
dans leur étonnant style arabesque rien qui rappelât la simple humanité.

Je fus tout d'abord frappé d'une certaine incohérence,--d'une
inconsistance dans les manières de mon ami,--et je découvris bientôt que
cela provenait d'un effort incessant, aussi faible que puéril, pour
maîtriser une trépidation habituelle,--une excessive agitation nerveuse.
Je m'attendais bien à quelque chose dans ce genre, et j'y avais été
préparé non-seulement par sa lettre, mais aussi par le souvenir de
certains traits de son enfance, et par des conclusions déduites de sa
singulière conformation physique et de son tempérament. Son action était
alternativement vive et indolente. Sa voix passait rapidement d'une
indécision tremblante,--quand les esprits vitaux semblaient entièrement
absents,--à cette espèce de brièveté énergique,--à cette énonciation
abrupte, solide, pausée et sonnant le creux,--à ce parler guttural et
rude, parfaitement balancé et modulé, qu'on peut observer chez le
parfait ivrogne ou l'incorrigible mangeur d'opium pendant les périodes
de leur plus intense excitation.

Ce fut dans ce ton qu'il parla de l'objet de ma visite, de son ardent
désir de me voir, et de la consolation qu'il attendait de moi. Il
s'étendit assez longuement et s'expliqua à sa manière sur le caractère
de sa maladie. C'était, disait-il, un mal de famille, un mal
constitutionnel, un mal pour lequel il désespérait de trouver un
remède,--une simple affection nerveuse,--ajouta-t-il
immédiatement,--dont, sans doute, il serait bientôt délivré. Elle se
manifestait par une foule de sensations extranaturelles. Quelques-unes,
pendant qu'il me les décrivait, m'intéressèrent et me confondirent; il
se peut cependant que les termes et le ton de son débit y aient été pour
beaucoup. Il souffrait vivement d'une acuité morbide des sens; les
aliments les plus simples étaient pour lui les seuls tolérables; il ne
pouvait porter, en fait de vêtement, que certains tissus; toutes les
odeurs de fleurs le suffoquaient; une lumière, même faible, lui
torturait les yeux; et il

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Text Comparison with The Raven and The Philosophy of Composition

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The Raven and The Philosophy of Composition [Illustration] [Illustration: _Copyright 1906 by The Harwell-Evans Co.
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” But these same critics would lead us further to believe that “The Raven” itself is almost a literal translation of the work of a Persian poet.
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Dickens’ idea—but the author of “Caleb Williams” was too good an artist not to perceive the advantage derivable from at least a somewhat similar process.
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Here I say No, at once.
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It is needless to demonstrate that a poem is such, only inasmuch as it intensely excites, by elevating, the soul; and all intense excitements are, through a psychal necessity, brief.
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Melancholy is thus the most legitimate of all the poetical tones.
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” In observing the difficulty which I at once found in inventing a sufficiently plausible reason for its continuous repetition, I did not fail to perceive that this difficulty arose solely from the pre-assumption that the word was to be so continuously or monotonously spoken by a human being—I did not fail to perceive, in short, that the difficulty lay in the reconciliation of this monotony with the exercise of reason on the part of the creature repeating the word.
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“And when,” I said, “is this most melancholy of topics most poetical?” From what I have already explained at some length, the answer, here also, is obvious—“When it most closely allies itself to Beauty: the death, then, of a beautiful woman is, unquestionably, the most poetical topic in the world—and equally is it beyond doubt that the lips best suited for such topic are those of a bereaved lover.
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” I composed this stanza, at this point, first that, by establishing the climax, I might the better vary and graduate, as regards seriousness and importance, the preceding queries of the lover; and, secondly, that I might definitely settle the rhythm, the meter, and the length and general arrangement of the stanza, as well as graduate the stanzas which were to precede, so that none of them might surpass this in rhythmical effect.
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The room is represented as richly furnished—this, in mere pursuance of the ideas I have already explained on the subject of beauty as the sole true poetical thesis.
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In the two stanzas which follow, the design is more obviously carried out: Then this ebony bird beguiling my sad fancy into smiling.
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storm, to seek admission at a window from which a light still gleams,—the chamber-window of a student, occupied half in poring over a volume, half in dreaming of a beloved mistress deceased.
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“’Tis some visitor,” I muttered, “tapping at my chamber door— Only this and nothing more.
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_] [Illustration] Open here I flung the shutter, when, with many a flirt and flutter, In there stepped a stately Raven of the saintly days of yore.
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as my hopes have flown before.
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The punctuation for some lines in The Raven differs from other published versions, i.