Nouvelles histoires extraordinaires

By Edgar Allan Poe

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les personnes présentes, et une
exclamation de Glendinning qui témoignait du plus complet désespoir, me
firent comprendre que j'avais opéré sa ruine totale, dans des conditions
qui avaient fait de lui un objet de pitié pour tous, et l'auraient
protégé même contre les mauvais offices d'un démon.

Quelle conduite eussé-je adoptée dans cette circonstance, il me serait
difficile de le dire. La déplorable situation de ma dupe avait jeté sur
tout le monde un air de gêne et de tristesse; et il régna un silence
profond de quelques minutes, pendant lequel je sentais en dépit de moi
mes joues fourmiller sous les regards brûlants de mépris et de reproche
que m'adressaient les moins endurcis de la société. J'avouerai même que
mon coeur se trouva momentanément déchargé d'un intolérable poids
d'angoisse par la soudaine et extraordinaire interruption qui suivit.
Les lourds battants de la porte de la chambre s'ouvrirent tout grands,
d'un seul coup, avec une impétuosité si vigoureuse et si violente que
toutes les bougies s'éteignirent comme par enchantement. Mais la lumière
mourante me permit d'apercevoir qu'un étranger s'était introduit,--un
homme de ma taille à peu près, et étroitement enveloppé d'un manteau.
Cependant les ténèbres étaient maintenant complètes, et nous pouvions
seulement _sentir_ qu'il se tenait au milieu de nous. Avant qu'aucun de
nous fût revenu de l'excessif étonnement où nous avait tous jetés cette
violence, nous entendîmes la voix de l'intrus:

--Gentlemen,--dit-il,--_d'une voix très-basse_, mais distincte, d'une
voix inoubliable qui pénétra la moelle de mes os,--gentlemen, je ne
cherche pas à excuser ma conduite, parce qu'en me conduisant ainsi, je
ne fais qu'accomplir un devoir. Vous n'êtes sans doute pas au fait du
vrai caractère de la personne qui a gagné cette nuit une somme énorme à
l'écarté à lord Glendinning. Je vais donc vous proposer un moyen
expéditif et décisif pour vous procurer ces très-importants
renseignements. Examinez, je vous prie, tout à votre aise, la doublure
du parement de sa manche gauche et les quelques petits paquets que l'on
trouvera dans les poches passablement vastes de sa robe de chambre
brodée.

Pendant qu'il parlait, le silence était si profond qu'on aurait entendu
tomber une épingle sur le tapis. Quand il eut fini, il partit tout d'un
coup, aussi brusquement qu'il était entré. Puis-je décrire, décrirai-je
mes sensations? Faut-il dire que je sentis toutes les horreurs du damné?
J'avais certainement peu de temps pour la réflexion. Plusieurs bras
m'empoignèrent rudement, et on se procura immédiatement de la lumière.
Une perquisition suivit. Dans la doublure de ma manche on trouva toutes
les figures essentielles de l'écarté, et dans les poches de ma robe de
chambre un certain nombre de jeux de

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Text Comparison with The Raven and The Philosophy of Composition

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Perrett The Decorations by Will Jenkins [Illustration] Paul Elder and Company San Francisco and New York Contents Foreword .
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It is felt that no other introduction could be more happily conceived or executed.
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Most writers—poets in especial—prefer having it understood that they compose by a species of fine phrenzy—an ecstatic intuition—and would positively shudder at letting the public take a.
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We commence, then, with this intention.
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For this reason, at least one-half of the “Paradise Lost” is essentially prose—a succession of poetical excitements interspersed, inevitably, with corresponding depressions—the whole being deprived, through the extremeness of its length, of the vastly important artistic element, totality, or unity, of effect.
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I considered it, however, with regard to its susceptibility of improvement, and soon saw it to be in a primitive condition.
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Having made up my mind to a refrain, the division of the poem into stanzas was, of course, a corollary, the refrain forming the close of each stanza.
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I saw that I could make the first query propounded by the lover—the first query to which the Raven should reply “Nevermore”—that I could make this first query a commonplace one—the second less so—the third still less, and so on, until at length the lover—startled from his original nonchalance by the melancholy character of the word itself, by its frequent repetition, and by a consideration of the ominous reputation of the fowl that uttered it—is at length excited to superstition, and wildly propounds queries of a far different character—queries whose solution he has passionately at heart—propounds them half in superstition and half in that species of despair which delights in self-torture—propounds them not altogether because he believes in the prophetic or demoniac character of the bird (which, reason assures him, is merely repeating a lesson learned by rote) but because he experiences a phrenzied pleasure in so modeling his questions as to receive from the expected “Nevermore,” the most delicious because the most intolerable of sorrow.
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” Quoth the Raven, “Nevermore.
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For this the most natural suggestion might seem to be a forest, or the fields—but it has always appeared to me that a close circumscription of space is absolutely necessary to the effect of insulated incident: it has the force of a frame to a picture.
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By the grave and stern decorum of the countenance it wore, “Though thy crest be shorn and shaven, thou,” I said, “art sure no craven, Ghastly grim and ancient Raven wandering from the Nightly shore— Tell me what thy lordly name is on the Night’s Plutonian shore!” Quoth the Raven, “Nevermore.
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They, with the answer, “Nevermore,” dispose the mind to.
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“’Tis some visitor,” I muttered, “tapping at my chamber door— Only this and nothing more.
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[Illustration: _Copyright 1906 by The Harwell-Evans Co.
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_] [Illustration] “Prophet!” said I, “thing of evil!—prophet still, if bird or devil!— Whether Tempter sent, or whether tempest tossed thee here ashore, Desolate yet all undaunted, on this desert land enchanted— On this home by Horror haunted—tell me truly, I implore— Is there—is there balm in Gilead?—tell me—tell me, I implore!” Quoth the Raven, “Nevermore.
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Published by Paul Elder and Company and done into a book for them at the Tomoye Press, New York City.