Nouvelles histoires extraordinaires

By Edgar Allan Poe

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même époque, si j'ai bonne mémoire, que, dans
une altercation violente que j'eus avec lui, où il avait perdu de sa
réserve habituelle, et parlait et agissait avec un laisser-aller presque
étranger à sa nature, je découvris ou m'imaginai découvrir dans son
accent, dans son air, dans sa physionomie générale, quelque chose qui
d'abord me fit tressaillir, puis m'intéressa profondément, en apportant
à mon esprit des visions obscures de ma première enfance,--des souvenirs
étranges, confus, pressés, d'un temps où ma mémoire n'était pas encore
née. Je ne saurais mieux définir la sensation qui m'oppressait qu'en
disant qu'il m'était difficile de me débarrasser de l'idée que j'avais
déjà connu l'être placé devant moi, à une époque très-ancienne,--dans un
passé même extrêmement reculé. Cette illusion toutefois s'évanouit aussi
rapidement qu'elle était venue; et je n'en tiens note que pour marquer
le jour du dernier entretien que j'eus avec mon singulier homonyme.

La vieille et vaste maison, dans ses innombrables subdivisions,
comprenait plusieurs grandes chambres qui communiquaient entre elles et
servaient de dortoirs au plus grand nombre des élèves. Il y avait
néanmoins (comme cela devait arriver nécessairement dans un bâtiment
aussi malencontreusement dessiné) une foule de coins et de recoins,--les
rognures et les bouts de la construction; et l'ingéniosité économique du
docteur Bransby les avait également transformés en dortoirs; mais, comme
ce n'étaient que de simples cabinets, ils ne pouvaient servir qu'à un
seul individu. Une de ces petites chambres était occupée par Wilson.

Une nuit, vers la fin de ma cinquième année à l'école, et immédiatement
après l'altercation dont j'ai parlé, profitant de ce que tout le monde
était plongé dans le sommeil, je me levai de mon lit, et, une lampe à la
main, je me glissai, à travers un labyrinthe d'étroits passages, de ma
chambre à coucher vers celle de mon rival. J'avais longuement machiné à
ses dépens une de ces méchantes charges, une de ces malices dans
lesquelles j'avais si complètement échoué jusqu'alors. J'avais l'idée de
mettre dès lors mon plan à exécution, et je résolus de lui faire sentir
toute la force de la méchanceté dont j'étais rempli. J'arrivai jusqu'à
son cabinet, j'entrai sans faire de bruit, laissant ma lampe à la porte
avec un abat-jour dessus. J'avançai d'un pas, et j'écoutai le bruit de
sa respiration paisible. Certain qu'il était bien endormi, je retournai
à la porte, je pris ma lampe, et je m'approchai de nouveau du lit. Les
rideaux étaient fermés; je les ouvris doucement et lentement pour
l'exécution de mon projet; mais une lumière vive tomba en plein sur le
dormeur, et en même temps mes yeux s'arrêtèrent sur sa physionomie. Je
regardai;--et

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Text Comparison with The Raven

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_ "Eagerly I wished the morrow; vainly I had sought to borrow From my books surcease of sorrow--sorrow for the lost Lenore.
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" _H.
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_ "Till I scarcely more than muttered, 'Other friends have flown before-- On the morrow _he_ will leave me, as my hopes have flown before.
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_ "'Tell me truly, I implore-- Is there--_is_ there balm in Gilead?--tell me--tell me, I implore!'" _W.
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Wait for his prophetic hour; then give yourself to his passion, his joy or pain.
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" Clasp the sensitive hand of a troubled singer dreeing thus his weird, and share with him the clime in which he found,--never throughout the day, always in the night,--if not the Atlantis whence he had wandered, at least a place of refuge from the bounds in which by day he was immured.
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* * * No swellings tell that winds may be Upon some far-off happier sea-- No heavings hint that winds have been On seas less hideously serene.
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" But _The Raven_, like "The Bells" and "Annabel Lee," commends itself to the many and the few.
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Eleven trifling changes from the magazine-text appear in _The Raven and Other.
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, is enthusiastic in his admiration of the rhythm.
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Pike's revision the following stanza, of which the main features correspond with the original version: "Restless I pace our lonely rooms, I play our songs no more, The garish sun shines flauntingly upon the unswept floor; The mocking-bird still sits and sings, O melancholy strain! For my heart is like an autumn-cloud that overflows with rain; Thou art lost to me forever, Isadore!" Here we have a prolonged measure, a similarity of refrain, and the introduction of a bird whose song enhances sorrow.
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The most melancholy of topics is Death.
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" The components of _The Raven_ are few and simple: a man, a bird, and the phantasmal memory at a woman.
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The harm of such analysis is that it tempts a novice to fancy that artificial processes can supersede imagination.
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His own letters and the minute incidents of his career are before us; the record, good and bad, is widely known.
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" Both resorted often to the elf-land of fantasy and romance.
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Darkness there, and nothing more.
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'" But the Raven still beguiling all my sad soul into smiling, Straight I wheeled a cushioned seat in front of bird and bust and door; Then, upon the velvet sinking, I betook myself to linking Fancy unto fancy, thinking what this ominous bird of yore-- What this grim, ungainly, ghastly, gaunt and ominous bird of yore Meant in croaking "Nevermore.
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" [Illustration] "For the rare and radiant maiden whom the angels name Lenore-- Nameless here for evermore.
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