Nouvelles histoires extraordinaires

By Edgar Allan Poe

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primitifs; il regarda, plus haut,
le ciel plein de frôlements, et la lune cramoisie. Et j'étais blotti à
l'abri des nénuphars, et j'observais les actions de l'homme. Et l'homme
tremblait dans la solitude;--cependant, la nuit avançait, et il restait
assis sur le rocher.

Et l'homme détourna son regard du ciel, et le dirigea sur la lugubre
rivière Zaïre, et sur les eaux jaunes et lugubres, et sur les pâles
légions de nénuphars. Et l'homme écoutait les soupirs des nénuphars et
le murmure qui sortait d'eux. Et j'étais blotti dans ma cachette, et
j'épiais les actions de l'homme. Et l'homme tremblait dans la
solitude;--cependant, la nuit avançait, et il restait assis sur le
rocher.

Alors je m'enfonçai dans les profondeurs lointaines du marécage, et je
marchai sur la forêt pliante de nénuphars, et j'appelai les hippopotames
qui habitaient les profondeurs du marécage. Et les hippopotames
entendirent mon appel et vinrent avec les béhémoths jusqu'au pied du
rocher, et rugirent hautement et effroyablement sous la lune. J'étais
toujours blotti dans ma cachette, et je surveillais les actions de
l'homme. Et l'homme tremblait dans la solitude.--cependant, la nuit
avançait, et il restait assis sur le rocher.

Alors je maudis les éléments de la malédiction du tumulte; et une
effrayante tempête s'amassa dans le ciel, où naguère il n'y avait pas un
souffle. Et le ciel devint livide de la violence de la tempête,--et la
pluie battait la tête de l'homme,--et les flots de la rivière
débordaient,--et la rivière torturée jaillissait en écume,--et les
nénuphars criaient dans leurs lits, et la forêt s'émiettait au vent,--et
le tonnerre roulait,--et l'éclair tombait,--et le roc vacillait sur ses
fondements. Et j'étais toujours blotti dans ma cachette pour épier les
actions de l'homme. Et l'homme tremblait dans la solitude;--cependant,
la nuit avançait, et il restait assis sur le rocher.

Alors je fus irrité, et je maudis de la malédiction du _silence_ la
rivière et les nénuphars, et le vent, et la forêt, et le ciel, et le
tonnerre, et les soupirs des nénuphars. Et ils furent frappés de la
malédiction, et ils devinrent muets. Et la lune cessa de faire
péniblement sa route dans le ciel,--et le tonnerre expira,--et l'éclair
ne jaillit plus,--et les nuages pendirent immobiles,--et les eaux
redescendirent dans leur fit et y restèrent,--et les arbres cessèrent de
se balancer,--les nénuphars ne soupirèrent plus,--et il ne s'éleva plus
de leur foule le moindre murmure, ni l'ombre d'un son dans tout le vaste
désert sans limites. Et je regardai les caractères du rocher et ils
étaient changés;--et maintenant ils formaient le mot: SILENCE.

Et mes yeux tombèrent sur la figure de l'homme, et sa figure était pâle
de terreur.

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Text Comparison with Eureka

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C'est, en d'autres termes, ce que nous pouvons appeler _une franche blague.
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En un mot, pendant que la méthode d'Aries reposait sur les _noumena,_ celle de Hog dépendait des _phainomena;_ et l'admiration excitée par ce dernier système fut si grande que, dès sa première apparition, Aries tomba.
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Quoi qu'il en soit, l'infection principale du Baconianisme, sa plus déplorable source d'erreurs, consistait dans cette tendance à jeter le pouvoir et la considération entre les mains des hommes de pure perception,--animalcules de la science, savants microscopiques,--fouilleurs et colporteurs de petits _faits,_ tirés pour la plupart des sciences physiques, faits qu'ils vendaient tous en détail et au même prix sur la voie publique; leur valeur dépendant, à ce qu'il paraît, _de ce simple fait que c'étaient des faits,_ et nullement de leur parenté ou de leur non-parenté avec le développement de ces faits primitifs, les seuls légitimes, qui s'appellent la Loi.
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Or, la clarté, l'intelligibilité est, à tous égards, un des caractères essentiels de mon plan général.
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De telles idées, de telles conceptions,--pensées monstrueuses qui ne sont plus des pensées, rêveries de l'âme plutôt que raisonnements ou même considérations de l'intellect,--de telles idées, je le répète, sont les seules que nous puissions réussir à créer en nous dans tous nos efforts pour saisir le grand principe de _l'Attraction.
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En commençant mon premier voyage, je pouvais dire seulement que je _sentais,_ par une irrésistible intuition, que la Simplicité avait été la caractéristique de l'action originelle de Dieu;--en finissant mon second voyage, je puis seulement déclarer que je perçois, par une irrésistible intuition, que l'Unité a été la source des phénomènes de la Gravitation newtonienne observés jusqu'à présent.
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_ Nous disons d'elles: elles sont vraies, elles sont évidentes.
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Une rapide inspection des Cieux suffit pour nous montrer que les étoiles sont distribuées avec une certaine uniformité générale et à une certaine égalité de distance à travers la région de l'espace où elles sont groupées, affectant dans leur ensemble une forme approximativement sphérique;--cette espèce d'égalité, générale plutôt qu'absolue, ne contredisant en rien ma déduction sur l'inégalité de distances, dans de certaines limites, entre les atomes originellement irradiés, et représentant un corollaire du système évident d'infinie complexité de rapports tirée de l'unité absolue.
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qu'une telle supposition impliquerait d'abord la nécessité d'adopter une conception que l'homme, ainsi que je l'ai montré, ne peut pas adopter, et que l'examen du firmament réfute, ainsi que je le démontrerai plus amplement,--la conception d'un Univers sidéral absolument infini,--et impliquerait, en second lieu, l'impossibilité de comprendre une réaction, c'est-à-dire la gravitation, telle qu'elle existe maintenant, puisque, tant qu'une action se continue, aucune réaction, naturellement, ne peut avoir lieu.
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Chacun du moins aura parfaitement le droit de considérer la chose comme démontrée, jusqu'à ce que quelqu'un donne une raison plausible qui affirme le contraire, jusqu'à ce qu'une autre loi de retour soit imaginée que l'intelligence puisse adopter comme préférable.
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Il est clair, de plus, que ce qui est évident aujourd'hui pour la majorité de l'humanité ou pour la majorité des meilleurs esprits humains, peut demain, pour ces mêmes majorités, être plus ou moins évident, ou même n'être plus évident du tout.
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Le mouvement supérieur prédominant a dû faire tourner chaque fragment sur lui-même, c'est-à-dire lui imprimer une rotation; et le sens de cette rotation a été naturellement le sens de la révolution d'où elle avait pris naissance.
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En fait, une phase se produisait dans la carrière du corps générateur, centre de tout le système.
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En réalité, nous devons considérer tous les phénomènes en question comme de.
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Sur les îles Melville, pour ne prendre qu'un exemple entre cent, nous trouvons des témoignages d'une végétation plus que tropicale, des traces de plantes qui n'auraient jamais pu fleurir sans une chaleur et une lumière immensément plus grandes que celles que notre Soleil peut actuellement donner à aucune partie de la Terre.
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Son idée originale semble avoir été un composé des vrais atomes d'Épicure et des pseudo-nébuleuses de ses contemporains; et ainsi sa théorie se présente à nous avec la singulière anomalie d'une vérité absolue, déduite, comme résultat mathématique, d'une création hybride de l'imagination antique mariée au sens obtus moderne.
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notre système solaire comme fournissant un cas générique de ces agglomérations, ou, plus correctement, des conditions ultérieures auxquelles elles sont parvenues.
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Qu'il en _puisse_ être ainsi, qui oserait s'aviser de le nier? Je maintiens simplement que nous n'avons pas même l'ombre d'une raison pour croire qu'il en _est_ ainsi.
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Les faits ainsi démontrés ont naturellement détruit la prétendue nécessité de supposer un éther et toute appréhension relative à l'instabilité du système, laquelle était attribuée à l'éther.
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centripète et centrifuge, de chaque système, étant nécessairement détruit quand il arrive à se rapprocher, jusqu'à un certain point, du noyau du groupe auquel il appartient, il en doit résulter, un jour, une précipitation chaotique, ou telle en apparence, des lunes sur les planètes, des planètes sur les soleils, et des soleils sur les noyaux; et le résultat général de cette précipitation doit être l'agglomération des myriades d'étoiles, existant actuellement dans le firmament, en un nombre presque infiniment moindre de sphères presque infiniment plus vastes.