Eureka

By Edgar Allan Poe

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centripète et centrifuge, de chaque système, étant
nécessairement détruit quand il arrive à se rapprocher, jusqu'à un
certain point, du noyau du groupe auquel il appartient, il en doit
résulter, un jour, une précipitation chaotique, ou telle en apparence,
des lunes sur les planètes, des planètes sur les soleils, et des
soleils sur les noyaux; et le résultat général de cette précipitation
doit être l'agglomération des myriades d'étoiles, existant actuellement
dans le firmament, en un nombre presque infiniment moindre de sphères
presque infiniment plus vastes. En devenant immensément moins nombreux,
les mondes de cette époque seront devenus immensément plus gros que
ceux de la notre. Alors, parmi d'incommensurables abîmes, brilleront
des soleils inimaginables. Mais tout cela ne sera qu'une magnificence
climatérique présageant la grande Fin. La nouvelle genèse indiquée ne
peut être qu'une des étapes vers cette Fin, un des ajournements encore
nombreux. Par ce travail d'agglomération, les groupes eux-mêmes, avec
une vitesse effroyablement croissante, se sont précipités vers leur
centre général,--et bientôt, avec une vélocité mille fois plus grande,
une vélocité électrique, proportionnée à leur grosseur matérielle et à
la véhémence spirituelle de leur appétit pour l'Unité, les majestueux
survivants de la race des Étoiles s'élancent enfin dans un commun
embrassement. Nous touchons enfin à la catastrophe inévitable.

Mais cette catastrophe, quelle peut-elle être? Nous avons vu
s'accomplir la conglomération, la moisson des mondes. Désormais,
devrons-nous considérer ce _globe des globes,_ ce _globe matériel
unique,_ comme constituant et remplissant l'Univers? Une telle idée
serait en contradiction complète avec toutes les propositions émises
dans ce Discours.

J'ai déjà parlé de cette absolue _réciprocité d'adaptation_ qui est
la grande caractéristique de l'Art divin,--qui est la signature
divine. Arrivé à ce point de nos réflexions, nous avons regardé
l'influence électrique comme une force répulsive qui seule rendait
la Matière capable d'exister dans cet état de diffusion nécessaire
à l'accomplissement de ses destinées;--là, en un mot, nous avons
considéré l'influence en question comme instituée pour le salut
de la Matière, pour sauvegarder les buts de toute matérialité.
Réciproquement, il nous est permis de considérer la Matière comme
créée seulement _pour le salut de cette influence,_ uniquement pour
sauvegarder le but et l'objet de cet Éther spirituel. Par le moyen,
par l'intermédiaire, par l'agence de la Matière et par la force de
son hétérogénéité, cet Éther a pu se manifester,--l'Esprit a été
_individualisé._ C'est uniquement dans le développement de cet Éther,
par l'hétérogénéité, que des masses particulières de Matière sont
devenues animées, sensibles, et en proportion de leur hétérogénéité;
quelques-unes atteignant un degré de sensibilité qui implique ce
que nous appelons _Pensée,_ et montant ainsi jusqu'à l'Intelligence
Consciente.

A ce point de vue, nous pouvons regarder la Matière comme un

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