Eureka

By Edgar Allan Poe

Page 75

de quantités insignifiantes.
Cessons de nous émerveiller de l'espace qui sépare les étoiles dans
notre propre groupe ou dans tout autre groupe particulier; tournons
plutôt nos pensées vers les espaces qui séparent les groupes eux-mêmes
dans le groupe omnicompréhensif de l'Univers.

J'ai déjà dit que la lumière marche avec une vitesse de cent
soixante-sept mille milles par seconde, c'est-à-dire de dix millions
de milles par minute, ou d'environ six cent millions de milles
par heure;--et cependant il est des nébuleuses qui sont tellement
éloignées de nous que la lumière de ces mystérieuses régions, quoique
marchant avec une telle vélocité, ne peut pas arriver jusqu'ici en
moins de _trois millions d'années._ Ce calcul, d'ailleurs, a été fait
par Herschell l'aîné, et n'a trait qu'à ces groupes comparativement
rapprochés qui se trouvaient à la portée de son propre télescope. Mais
il y a des nébuleuses, qui, par le tube magique de lord Rosse, nous
communiquent en cet instant même l'écho des secrets qui datent _d'un
million de siècles._ En un mot les phénomènes que nous contemplons en
ce moment, dans ces mondes lointains, sont les mêmes phénomènes qui
intéressaient leurs habitants il y a _dix fois cent mille siècles._
Dans des intervalles, dans des distances, tels que cette suggestion
en impose à notre _âme,--_plutôt qu'à notre esprit,--nous trouvons
enfin une échelle convenable où toutes nos mesquines considérations
antérieures de _quantité_ peuvent figurer comme de simples degrés.



XIII


L'imagination ainsi pleine de distances cosmiques, profitons de
l'occasion pour parler de la difficulté que nous avons si souvent
éprouvée, quand nous poursuivions le _chemin battu_ de la pensée
astronomique, à rendre compte de ces vides incommensurables,--à
expliquer pourquoi des gouffres, si totalement inoccupés et si
inutiles en apparence, se sont produits entre les étoiles,--entre
les groupes,--bref, à trouver une raison suffisante de l'échelle
titanique, sur laquelle, quant à l'espace seulement, l'Univers paraît
avoir été construit. J'affirme que l'Astronomie a fait visiblement
défaut dans cette question et n'a pas su attribuer à ce phénomène
une cause rationnelle;--mais les considérations qui, dans cet Essai,
nous ont conduit pas à pas, nous permettent de comprendre clairement
et immédiatement que _l'Espace et la Durée ne sont qu'un._ Pour que
l'Univers pût durer pendant une ère proportionnée à la grandeur
de ses parties matérielles constitutives et à la haute majesté de
ses destinées spirituelles, il était nécessaire que la diffusion
atomique originelle se fît dans une étendue aussi prodigieusement
vaste qu'elle pouvait l'être sans être infinie. Il fallait, en un
mot, que les étoiles passassent de l'état de nébulosité invisible à
l'état de solidité visible, et vieillissent en donnant successivement
la naissance et la mort à des variétés inexprimablement nombreuses et
complexes du développement

Last Page Next Page

Text Comparison with Histoires extraordinaires

Page 5
Allan, et que celui-ci, qui eut des enfants de son second mariage, l'ait complètement frustré de sa succession.
Page 13
À la fin, il y en avait un qui semblait interminable.
Page 20
Pour laisser là ces abstractions, supposons un jeu de dames où la totalité des pièces soit réduite à quatre dames, et où naturellement il n'y ait pas lieu de s'attendre à des étourderies.
Page 21
Quand je dis la force, j'entends cette perfection dans le jeu qui comprend l'intelligence de tous les cas dont on peut légitimement faire son profit.
Page 28
» Le numéro suivant portait ces détails additionnels: «LE DRAME DE LA RUE MORGUE.
Page 46
» En ce moment, nous entendîmes un pas qui montait l'escalier.
Page 80
Il l'attacha par un bout à l'endroit du tronc de l'arbre qui était le plus près de la cheville, le déroula jusqu'à la cheville et continua ainsi à le dérouler dans la direction donnée par ces deux points,--la cheville et le tronc,--jusqu'à la distance de cinquante pieds.
Page 109
moitié chemin de l'Atlantique.
Page 110
.
Page 115
Il y avait quelques passages qui avaient affecté mon imagination d'une manière extraordinaire.
Page 147
Schroeter, de Lilienthal.
Page 148
et sauf.
Page 162
--Il vous faut prendre le dessus sur ces lubies-là, me dit le guide, car je vous ai amené ici pour vous faire voir à loisir le théâtre de l'événement dont je parlais tout à l'heure, et pour vous raconter toute l'histoire avec la scène même sous vos yeux.
Page 167
Nous ne nous aventurions jamais dans cette expédition sans un bon vent arrière pour aller et revenir,--un vent dont nous pouvions être sûrs pour notre retour,--et nous nous sommes rarement trompés sur ce point.
Page 172
«Pendant tout ce temps, je n'avais pas lâché le boulon.
Page 177
--Je vous la raconte, à vous, maintenant, et j'ose à peine espérer que vous y ajouterez plus de foi que les plaisants pêcheurs de Lofoden.
Page 186
Dans des spasmes semblables, il avait généralement trouvé du soulagement dans des applications de moutarde aux centres nerveux; mais ce soir-là, il y avait eu recours en vain.
Page 210
Les prunelles étaient du noir le plus brillant et surplombées par des cils de jais très-longs; ses sourcils, d'un dessin légèrement irrégulier, avaient la même couleur; toutefois, _l'étrangeté_ que je trouvais dans les yeux était indépendante de leur forme, de leur couleur et de leur éclat, et devait décidément être attribuée à _l'expression_.
Page 215
Au fond.
Page 231
La réalité fut le contraire.