Eureka

By Edgar Allan Poe

Page 73

fuir derrière nous, l'arbre qui est à la
distance extrême n'a pour ainsi dire pas bougé de la place qu'il occupe
relativement au satellite. Nous continuons à observer que plus les
objets sont éloignés de nous, moins ils s'éloignent de leur position,
et réciproquement. Nous commençons alors, à notre insu, à apprécier la
distance de chaque arbre par la plus ou moins grande altération de sa
position relative. Finalement nous arrivons à comprendre comment on
pourrait vérifier la distance positive d'un arbre quelconque de cette
rangée en se servant de la quantité d'altération relative comme d'une
base dans un simple problème géométrique. Or, cette altération relative
est ce que nous appelons parallaxe; et c'est par la parallaxe que nous
calculons les distances des corps célestes. Appliquant le principe aux
arbres en question, nous serions naturellement fort embarrassés pour
calculer la distance _d'un_ arbre, qui, si loin que nous nous avancions
sur la route ne nous donnerait aucune parallaxe. Ceci, dans l'exemple
que nous avons supposé, est une chose impossible; impossible simplement
parce que toutes les distances sur notre Terre sont véritablement
insignifiantes; si nous les comparons avec les vastes quantités
cosmiques, nous pouvons dire qu'elles se réduisent absolument à néant.

Or, supposons que l'étoile Alpha Lyræ soit juste au-dessus de nos
têtes et imaginons qu'au lieu d'être sur la Terre, nous soyons placés à
l'un des bouts d'une ligne droite s'étendant à travers l'espace jusqu'à
une distance égale au diamètre de l'orbite de la Terre, c'est-à-dire
une distance de cent quatre-vingt-dix millions de milles. Ayant
observé, au moyen des instruments micrométriques les plus délicats, la
position exacte de l'étoile, marchons le long de cette inconcevable
route, jusqu'à ce que nous ayons atteint l'autre extrémité. Ici,
examinons une seconde fois l'étoile. Elle est précisément où nous
l'avons laissée. Nos instruments, si délicats qu'ils soient, nous
affirment que sa position relative est absolument, identiquement la
même qu'au commencement de notre incommensurable voyage. Nous n'avons
trouvé aucune parallaxe, absolument aucune.

Le fait est que, relativement à la distance des étoiles fixes, d'un
quelconque de ces innombrables soleils qui scintillent de l'autre
côté de ce terrible abîme par lequel notre système est séparé des
systèmes ses frères, dans le groupe auquel il appartient, la science
astronomique jusqu'à ces derniers temps n'a pu parler qu'avec une
certitude négative. Considérant les plus brillantes comme les plus
rapprochées, nous pouvions seulement dire, même de celles-là, que la
limite en dedans de laquelle elles ne peuvent pas être situées, est à
une certaine distance incommensurable;--à quelle distance au delà de
cette limite sont-elles situées, nous n'avions jamais pu le calculer.
Nous comprenions, par exemple, qu'Alpha Lyræ ne peut pas être

Last Page Next Page

Text Comparison with The Raven

Page 0
"'Tis some visitor," I muttered, "tapping at my chamber door-- Only this and nothing more.
Page 1
Not the least obeisance made he; not a minute stopped or stayed he, But, with mien of lord or lady, perched above my chamber door-- Perched upon a bust of Pallas just above my chamber door-- Perched, and sat, and nothing more.
Page 2
'" But the Raven still beguiling all my sad soul into smiling, Straight I wheeled a cushioned seat in front of bird and bust and door; Then, upon the velvet sinking, I betook myself to linking Fancy unto fancy, thinking what this ominous bird of yore-- What this grim, ungainly, ghastly, gaunt, and ominous bird of yore .
Page 3
" This I sat engaged in guessing, but no syllable expressing To the fowl whose fiery eyes now burned into my bosom's core; This and more I sat divining, with my head at ease reclining On the cushion's velvet lining that the lamp-light gloated o'er, But whose velvet violet lining with the lamp-light gloating o'er _She_ shall press, ah, nevermore! Then, methought, the air grew denser, perfumed from an unseen censer Swung by Seraphim whose foot-falls tinkled on the tufted floor.
Page 4
" And the Raven, never flitting, still is sitting, still is sitting On the pallid bust of Pallas just above my chamber door; And his eyes have all the seeming of a demon's that is dreaming And the lamp-light o'er him streaming throws his shadows on the floor; And my soul from out that shadow that lies floating on the floor Shall be lifted--nevermore!.