Eureka

By Edgar Allan Poe

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ce Discours, je vise moins à l'ordre physique qu'au
métaphysique. La clarté avec laquelle les phénomènes, même matériels,
sont présentés à l'intelligence dépend très-peu, il y a longtemps que
j'en ai acquis l'expérience, d'un arrangement purement naturel, et
naît presque entièrement de l'arrangement moral. Si donc j'ai l'air
de m'abandonner à des digressions et de sauter trop vite d'un point
à un autre de mon sujet, qu'il me soit permis de dire qu'en faisant
ainsi j'ai l'espoir de mieux conserver, sans la rompre, cette chaîne
d'impressions graduées, par laquelle seule l'intelligence de l'Homme
peut embrasser les grandeurs dont je parle et les comprendre dans leur
majestueuse totalité.

Jusqu'à présent, notre attention s'est dirigée presque exclusivement
vers un groupement général et relatif des corps stellaires dans
l'espace. De spécification, nous n'en avons fait que très-peu; et les
quelques idées relatives à la _quantité,_ c'est-à-dire au nombre, à
la grandeur et à la distance, que nous avons émises, ont été amenées
accessoirement et en manière de préparation pour des conceptions plus
définitives. Essayons maintenant d'atteindre à ces dernières.

Notre système solaire, comme nous l'avons déjà dit, consiste
principalement en un soleil et seize planètes au moins, auxquelles,
très-probablement, s'ajoutent quelques autres, qui tournent autour de
lui comme centre, accompagnées de dix-sept lunes connues et peut-être
de quelques autres que nous ne connaissons pas encore. Ces divers corps
ne sont pas de véritables sphères, mais des sphéroïdes aplatis, des
sphères comprimées dans la région des pôles de l'axe imaginaire autour
duquel elles tournent, l'aplatissement étant une conséquence de la
rotation. Le Soleil n'est pas absolument le centre du système; carie
Soleil lui-même, avec toutes les planètes, roule autour d'un point
de l'espace perpétuellement variable, qui est le centre général de
gravité du système. Nous ne devons pas non plus considérer les lignes
sur lesquelles se meuvent ces différents sphéroïdes,--les lunes autour
des planâtes, les planètes autour du Soleil, ou le Soleil autour du
centre commun,--comme des cercles dans le sens exact du mot. Ce sont,
en réalité, des _ellipses, l'un des foyers étant le point autour
duquel se fait la révolution._ Une ellipse est une courbe retournant
sur elle-même, qui a un de ses diamètres plus long que l'autre. Sur le
diamètre le plus long sont deux points, également distants du milieu
de la ligne, et, d'ailleurs, situés de telle façon que si, à partir
de chacun d'eux, on tire une ligne droite vers un point quelconque de
la courbe, la somme des deux lignes réunies sera égale au plus grand
des diamètres. Concevons donc une ellipse de cette nature. A l'un des
points en question, qui sont les _foyers,_ fixons une orange. Par

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THE SLEEPER.