Eureka

By Edgar Allan Poe

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lignes
qui la composent. Naturellement, les étoiles, dans le premier cas,
apparaissent comme éparpillées, et, dans le second, comme accumulées.
Renversons, s'il vous plaît, l'explication: un habitant de la Terre
qui regarde la Galaxie, comme nous disons ordinairement, la considère
alors dans un des sens de sa longueur;--il regarde le long des lignes
de l'Y; mais quand, regardant dans le Ciel général, il détourne ses
yeux de la Galaxie, il la voit alors dans le sens de l'épaisseur de la
lettre; et c'est pour cela que les étoiles lui semblent clair-semées,
quoique, en réalité, elles soient aussi rapprochées, en moyenne, que
dans la partie massive du groupe. Il n'y a pas de considération qui
soit mieux faite pour donner une idée de l'effrayante étendue de ce
groupe.

Si, avec un télescope d'une profonde puissance, nous examinons
soigneusement le firmament, nous découvrirons _une ceinture de
groupes,_ faite de ce que nous avons jusqu'à présent nommé des
nébuleuses,--une _bande,_ d'une largeur variable, s'étendant d'un
horizon à l'autre, et coupant à angle droit la direction générale de
la Voie Lactée. Cette bande est le dernier _groupe de groupes._ Cette
ceinture est l'_Univers._ Notre Galaxie n'est qu'un des groupes, un des
moindres peut-être, qui entrent dans la composition de cette suprême
_bande_ ou _ceinture_ universelle. L'aspect de bande ou de ceinture,
que prend à nos yeux ce groupe de groupes, n'est qu'un phénomène de
perspective, analogue à celui qui nous fait aussi voir notre propre
groupe grossièrement sphérique, la Galaxie, sous la forme d'une
ceinture traversant les Cieux et coupant le groupe universel à angles
droits. Naturellement la forme du groupe qui enferme tous les autres
est, en général, celle de chaque groupe individuel qui y est contenu.
De même que les étoiles clair-semées que nous voyons dans le Ciel
général, quand nous détournons nos regards de la Galaxie, ne sont,
en réalité, qu'une partie de la Galaxie elle-même, aussi intimement
mêlées à elle qu'en aucun autre point où le télescope nous les montre
à l'état le plus dense,--de même les nébuleuses éparpillées, que nous
apercevons sur tous les points du firmament quand nous détournons
nos yeux de la ceinture Universelle, doivent être considérées comme
éparpillées seulement par la perspective et comme faisant partie
intégrante de l'unique _Sphère_ suprême et Universelle.

Il n'y a pas d'erreur astronomique plus insoutenable, et il n'y
en a pas qui ait obtenu une plus opiniâtre adhésion que celle qui
consiste à se figurer l'Univers sidéral comme absolument illimité.
Il me semble que les raisons qui nous le font croire limité, telles
que je les ai énoncées à _priori,_ sont irréfutables; mais, pour
n'en plus parler, l'observation seule nous montre qu'il

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Text Comparison with The Masque of the Red Death

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There were buffoons, there were improvisatori, there were ballet-dancers, there were musicians, there was Beauty, there was wine.
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The second chamber was purple in its ornaments and tapestries, and here the panes were purple.
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And these--the dreams--writhed in and about taking hue from the rooms, and causing the wild music of the orchestra to seem as the echo of their steps.
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In an assembly of phantasms such as I have painted, it may well be supposed that no ordinary appearance could have excited such sensation.
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The figure was tall and gaunt, and shrouded from head to foot in the habiliments of the grave.
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Then, summoning the wild courage of despair, a throng of the revellers at once threw themselves into the black apartment, and, seizing the mummer, whose tall figure stood erect and motionless within the shadow of the ebony clock, gasped in unutterable horror at finding the grave cerements and corpse-like mask, which they handled with so violent a rudeness, untenanted by any tangible form.