Eureka

By Edgar Allan Poe

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de plus en plus inefficaces, juste à mesure qu'ils
étaient moins fréquemment nécessaires. Ainsi les phénomènes dont nous
avons parlé ont dû donner partout des signes d'épuisement,--dans les
planètes d'abord, et ensuite dans la masse génératrice. Ne tombons pas
dans cette erreur qui suppose que le décroissement d'intervalle observé
entre les planètes, à mesure qu'elles se rapprochent du Soleil, est
en quelque sorte un indice de fréquence croissante dans les crises
qui leur ont donné naissance. C'est justement l'inverse qui doit être
supposé. Le plus long intervalle de temps a dû séparer les émissions
des deux planètes intérieures, et le plus court la naissance des deux
extérieures. Mais la diminution d'espace est la mesure de la densité
du Soleil, et en même temps elle est en raison inverse de son aptitude
à la condensation dans tout le cours des phénomènes dont nous avons
fait l'histoire.

Cependant, s'étant réduit jusqu'à ne plus remplir que l'orbite de
notre Terre, la sphère-mère a chassé hors d'elle-même encore un autre
corps,--la Terre,--dans une condition de nébulosité qui a permis à ce
corps de se décharger à son tour d'un autre corps qui est notre Lune.
Mais là se sont arrêtées les formations lunaires.

Finalement, se confinant aux orbites, d'abord de Vénus et ensuite de
Mercure, le Soleil a lancé ces deux planètes intérieures; ni l'une ni
l'autre n'a engendré de lune.

Ainsi, de son volume originel, ou, pour parler plus exactement, de la
condition sous laquelle nous l'avons d'abord considéré, c'est-à-dire
d'une masse nébuleuse à peu près sphérique possédant _certainement_ un
diamètre de plus de cinq mille six cents millions de milles, le grand
astre central, origine de notre système solaire-planétaire-lunaire,
s'est graduellement réduit, obéissant à la loi de la Gravitation, à
un globe d'un diamètre de huit cent quatre-vingt-deux mille milles
seulement; mais il ne s'ensuit pas du tout que sa condensation soit
absolument complète, ou qu'il ne possède plus la puissance de projeter
encore une planète.


[Footnote 1: Laplace a supposé sa nébulosité hétérogène, simplement
parce que cela lui permettait d'expliquer le morcellement des anneaux;
car si la nébulosité avait été homogène, ils ne se seraient pas brisés.
J'arrive au même résultat (hétérogénéité des masses secondaires
résultant immédiatement des atomes) simplement par une considération à
_priori_ de leur but général, qui est _le Relatif._ E. P.]



IX


Je viens de donner, avec son contour général seulement, mais aussi
avec tout le détail nécessaire pour l'intelligence, un tableau de la
Théorie cosmogonique de Laplace telle que son auteur lui-même l'a
conçue. De quelque point de vue que nous la considérions, nous la
trouvons _magnifiquement vraie._ Elle est immensément trop belle pour
ne pas contenir la Vérité comme

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A VALENTINE.
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