Eureka

By Edgar Allan Poe

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de commettre? J'ai accompli un acte qui ébranle la Lune
dans sa marche, qui contraint le Soleil à n'être plus le soleil, et qui
altère pour toujours la destinée des innombrables myriades d'étoiles
qui roulent et flamboient devant la majesté de leur Créateur.

De telles idées, de telles conceptions,--pensées monstrueuses qui ne
sont plus des pensées, rêveries de l'âme plutôt que raisonnements ou
même considérations de l'intellect,--de telles idées, je le répète,
sont les seules que nous puissions réussir à créer en nous dans tous
nos efforts pour saisir le grand principe de _l'Attraction._

Mais maintenant, avec de telles idées, avec une telle vision,
franchement acceptée, de la merveilleuse complexité de l'Attraction,
que toute personne, capable de réfléchir sur de pareilles matières,
s'applique à imaginer un principe adaptable aux phénomènes
observés,--ou la condition qui leur a donné naissance.

Une si évidente fraternité des atomes n'indique-t-elle pas une
extraction commune? Une sympathie si victorieuse, si indestructible,
si absolument indépendante, ne suggère-t-elle pas l'idée d'une source,
d'une paternité commune? Un extrême ne pousse-t-il pas la raison vers
l'extrême son contraire? L'infini dans la division ne se rapporte-t-il
pas à l'absolu dans l'individualité? Le superlatif de la complexité ne
fait-il pas deviner la perfection dans la simplicité? Je veux dire,
non pas seulement que les atomes, comme nous les voyons, sont divisés
ou qu'ils sont complexes dans leurs rapports, mais surtout qu'ils
sont inconcevablement divisés et inexprimablement complexes; c'est de
l'extrême des conditions que je veux parler maintenant, plutôt que des
conditions elles-mêmes. En un mot, n'est-ce pas parce que les atomes
étaient, à une certaine époque très-ancienne, _quelque chose de plus
même qu'un assemblage,--_n'est-ce pas parce que, originellement, donc
normalement, ils étaient _Un,_ que maintenant en toutes circonstances,
sur tous les points, dans toutes les directions, par tous les modes
de rapprochement, dans tous les rapports et à travers toutes les
conditions, ils s'efforcent de _retourner_ vers cette _unité_ absolue,
indépendante et inconditionnelle?

Ici, quelqu'un demandera peut-être: «Pourquoi, puisque c'est vers
l'Unité que ces atomes s'efforcent de retourner, ne jugeons-nous pas
et ne définissons-nous pas l'Attraction _une simple tendance générale
vers un centre?_--Pourquoi, particulièrement, _vos_ atomes, les
atomes que vous nous donnez comme ayant été irradiés d'un centre, ne
retournent-ils pas tous à la fois, en ligne droite, vers le point
central de leur origine?»

Je réponds qu'ils le font, ainsi que je le montrerai clairement;
mais que la cause qui les y pousse est tout à fait indépendante du
centre considéré _comme tel._ Ils tendent tous en ligne droite vers
un centre, à cause de la sphéricité selon laquelle ils ont été lancés
dans l'espace. Chaque atome, formant une partie d'un globe généralement
uniforme d'atomes, trouve

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Text Comparison with The Cask of Amontillado

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" "Amontillado!" "I have my doubts.
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The gait of my friend was unsteady, and the bells upon his cap jingled as he strode.
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" "I forget your arms.
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Amontillado.
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Throwing them aside, I soon uncovered a quantity of building stone and mortar.
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" "_For the love of God, Montresor!_" "Yes," I said, "for the love of God!" But to these words I hearkened in vain for a reply.