Derniers Contes

By Edgar Allan Poe

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la catalepsie, de peur que, tombant dans un de mes
acces habituels, je ne fusse enterre avant qu'on ait pu constater mon
veritable etat. Je doutai de la sollicitude, de la fidelite de mes plus
chers amis.

Je craignais que, dans un acces plus prolonge que de coutume, ils ne se
laissassent aller a me regarder comme perdu sans ressources. J'en vins
au point de m'imaginer que, vu la peine que je leur occasionnais, ils
seraient enchantes de profiter d'une attaque tres prolongee pour se
debarrasser completement de moi. En vain essayerent-ils de me rassurer
par les promesses les plus solennelles. Je leur fis jurer par le plus
sacre des serments que, quoi qu'il put arriver, ils ne consentiraient a
mon inhumation, que lorsque la decomposition de mon corps serait assez
avancee pour rendre impossible tout retour a la vie; et malgre tout, mes
terreurs mortelles ne voulaient entendre aucune raison, accepter aucune
consolation.

Je me mis alors a imaginer toute une serie de precautions soigneusement
elaborees. Entre autres choses, je fis retoucher le caveau de famille,
de maniere a ce qu'il put facilement etre ouvert de l'interieur. La plus
legere pression sur un long levier prolonge bien avant dans le caveau
faisait jouer le ressort des portes de fer. Il y avait aussi des
arrangements pris pour laisser libre entree a l'air et a la lumiere,
des receptacles appropries pour la nourriture et l'eau, a la portee
immediate du cercueil destine a me recevoir. Ce cercueil etait
chaudement et moelleusement matelasse, et pourvu d'un couvercle arrange
sur le modele de la porte, c'est-a-dire muni de ressorts qui permissent
au plus faible mouvement du corps de le mettre en liberte. De plus
j'avais fait suspendre a la voute du caveau une grosse cloche, dont la
corde devait passer par un trou dans le cercueil, et etre attachee a
l'une de mes mains. Mais, helas! que peut la vigilance contre notre
destinee! Toutes ces securites si bien combinees devaient etre
impuissantes a sauver des dernieres agonies un malheureux condamne a
etre enterre vivant!

Il arriva un moment--comme cela etait deja arrive--ou, sortant d'une
inconscience totale, je ne recouvrai qu'un faible et vague sentiment de
mon existence. Lentement--a pas de tortue--revenait la faible et grise
lueur du jour de l'intelligence. Un malaise engourdissant. La sensation
apathique d'une douleur sourde. L'absence d'inquietude, d'esperance et
d'effort.

Puis, apres un long intervalle, un tintement dans les oreilles; puis,
apres un intervalle encore plus long, une sensation de picotement ou de
fourmillement aux extremites; puis une periode de quietude voluptueuse
qui semble eternelle, et pendant laquelle mes sentiments en se
reveillant essaient de se transformer en pensee; puis

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Text Comparison with The Raven

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"'Tis some visitor," I muttered, "tapping at my chamber door-- Only this and nothing more.
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Then the ebony bird beguiling my sad fancy into smiling, By the grave and stern decorum of the countenance it wore, "Though thy crest be shorn and shaven, thou," I said, "art sure no craven, Ghastly grim and ancient Raven wandering from the Nightly shore-- Tell me what thy lordly name is on the Night's Plutonian shore!" .
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" Then the bird said "Nevermore.
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" Quoth the Raven,.
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" "Be that our sign of parting, bird or fiend!" I shrieked, upstarting-- "Get thee back into the tempest and the Night's Plutonian shore! Leave no black plume as a token of that lie thy soul has spoken! Leave my loneliness unbroken!--quit the bust above my door! Take thy beak from out my heart, and take thy form from off my door!" Quoth the Raven, "Nevermore.