Derniers Contes

By Edgar Allan Poe

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du proces: quatre dollars, 25 centimes.
Profit net--voir Journal--soixante-cinq centimes.

Voila donc, en fort peu de temps, un gain net d'au moins un dollar et 25
centimes--et rien que pour le cas de Brusque et de Bourru; et je puis
solennellement assurer le lecteur que ce ne sont la que des extraits
pris au hasard dans mon Journal.

Il y a un vieux dicton, qui n'en est pas moins vrai pour cela, c'est
que l'argent n'est rien en comparaison de la sante. Je trouvais que les
exigences de la profession etaient trop grandes pour mon etat de sante
delicate; et finissant par m'apercevoir que les coups recus m'avaient
defigure au point que mes amis, quand ils me rencontraient dans la rue,
ne reconnaissaient plus du tout Peter Profit, je conclus que je n'avais
rien de mieux a faire que de m'occuper dans un autre genre. Je songeai
donc a travailler dans _la Boue_, et j'y travaillai pendant plusieurs
annees.

Le plus grand inconvenient de cette occupation, c'est que trop de gens
se prennent d'amour pour elle, et que par consequent la concurrence est
excessive. Le premier ignorant venu qui s'apercoit qu'il n'a pas assez
d'etoffe pour faire son chemin comme Annonce-ambulante, ou comme compere
de l'Offusque-l'oeil, ou comme chair a pate, s'imagine qu'il reussira
parfaitement comme travailleur dans la _Boue_.

Mais il n'y a jamais eu d'idee plus erronee que de croire qu'on n'a pas
besoin de cervelle pour ce metier. Surtout, on ne peut rien faire en ce
genre sans methode. Je n'ai opere, il est vrai qu'en detail; mais grace
a mes vieilles habitudes de _systeme_, tout marcha sur des roulettes. Je
choisis tout d'abord mon carrefour, avec le plus grand soin, et je n'ai
jamais donne dans la ville un coup de balai ailleurs que _la_. J'eus
soin, aussi, d'avoir sous la main une jolie petite flaque de boue, que
je pusse employer a la minute. A l'aide de ces moyens, j'arrivai a etre
connu comme un homme de confiance; et, laissez-moi vous le dire, c'est
la moitie du succes, dans le commerce. Personne n'a jamais manque de me
jeter un sou, et personne n'a traverse mon carrefour avec des pantalons
propres. Et, comme on connaissait parfaitement mes habitudes en
affaires, personne n'a jamais essaye de me tromper. Du reste, je ne
l'aurais pas souffert. Comme je n'ai jamais trompe personne, je n'aurais
pas tolere qu'on se jouat de moi. Naturellement je ne pouvais empecher
les fraudes des chaussees. Leur erection m'a cause un prejudice ruineux.
Toutefois ce ne sont pas la des individus, mais des corporations--et des
corporations--cela est bien connu--n'ont ni coups de

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Text Comparison with Histoires grotesques et sérieuses

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Mais ce n'est pas de _l'Étoile_ que nous avons affaire, mais bien de la vérité.
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Nous tâcherons de nous satisfaire par une enquête personnelle.
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Nous soumettons l'inattendu et l'inconcevable aux formules mathématiques des écoles.
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«Vous direz peut-être que, dans le second cas, l'enlèvement que nous imaginons n'a pas eu lieu.
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Quelques altérations sans importance ont eu lieu dans le costume du _Joueur d'échecs_ depuis qu'il est la propriété de M.
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Ces particularités sont sans doute de purs tics de M.
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rigoureuse.
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Ce mur était décoré, par intervalles réguliers, de tours carrées de marbre blanc, la plus basse comptant soixante, et la plus haute cent vingt coudées de hauteur.
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son aise pendant que je restais étendu dans mon fauteuil, les yeux fermés, et que je m'amusais à mâcher des raisins et à chiquenauder lesquelles à travers la chambre.
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C'était un fantastique château, très-abîmé, et qui, à en juger par son air de vétusté et de délabrement, devait être à peine habitable.
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Ils se comportaient _remarquablement_ bien, à ce point que toute personne de sens aurait pu tirer d'une si belle sagesse la preuve qu'il se brassait parmi ces gaillards quelque plan démoniaque.
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C'était un traitement vraiment capital,--simple,--propre,--sans aucun embarras,--réellement délicieux,--c'était.
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Dans d'autres circonstances que celles qui l'enveloppaient, il n'eût pas été impossible qu'il fût devenu peintre.
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Malgré tout ce qu'on peut dire contre les abus du _jardin-paysage_ artificiel, l'introduction de l'art pur dans un décor rustique y ajoute une très-grande beauté.
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Les impressions produites sur l'observateur étaient celles de richesse, de chaleur, de couleur, de quiétude, d'uniformité, de douceur, de délicatesse, d'élégance, de volupté et d'une miraculeuse extravagance de culture, faisant rêver d'une race nouvelle de fées, laborieuses, douées d'un goût parfait, magnifiques et minutieuses; mais, quand le regard remontait le long du talus omnicolore, depuis sa fine ligne de jonction avec l'eau jusqu'à son extrémité vaguement estompée par les plis des nuages surplombants, il était vraiment difficile de ne pas se figurer une cataracte panoramique de rubis, de saphirs, d'opales et de chrysolithes, se précipitant silencieusement du ciel.
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Le rustre le plus naïf, en entrant dans une chambre ainsi enjolivée, sentira immédiatement qu'il y a là quelque chose d'absurde, bien qu'il lui soit absolument impossible d'assigner une cause à son malaise.
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Il y a néanmoins trois ou quatre têtes de femmes, d'une beauté éthéréenne,--des portraits dans la manière de Sully.
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Pour moi, la première de toutes les considérations, c'est celle d'un _effet_ à produire.
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ces vers: «Arrache ton bec _de mon cœur_, et précipite ton spectre loin de ma porte!» Le corbeau dit: «Jamais plus!» On remarquera que les mots _de mon cœur_ renferment la première expression métaphorique du poëme.