Derniers Contes

By Edgar Allan Poe

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du tout un genie, mais un homme d'affaires regulier.
Mon journal et mon grand livre en feront foi en un instant. Ils sont
bien tenus, quoique ce ne soit pas a moi a le dire; et dans mes
habitudes generales d'exactitude et de ponctualite, je ne crains pas
d'etre battu par une horloge. En outre, j'ai toujours su faire cadrer
mes occupations avec les habitudes ordinaires de mes semblables. Non
pas que sous ce rapport je me sente le moins du monde redevable a mes
parents; avec leur esprit excessivement borne, ils auraient sans aucun
doute fini par faire de moi un genie fieffe, si mon ange gardien n'etait
pas venu y mettre bon ordre. En fait de biographie la verite est quelque
chose, mais surtout en fait d'autobiographie--et cependant on aura
peut-etre de la peine a me croire, quand je declarerai, avec toute la
solennite possible, que mon pauvre pere me placa, vers l'age de quinze
ans, dans la maison de ce qu'il appelait "un respectable marchand au
detail et a la commission faisant un gros chiffre d'affaires!"--Un gros
chiffre de rien du tout! La consequence de cette folie fut qu'au bout
de deux ou trois jours j'etais renvoye a mon obtuse famille, avec une
fievre de cheval, et une douleur tres violente et tres dangereuse au
sinciput, qui se faisait sentir tout autour de mon organe d'ordre.
Peu s'en fallut que je n'y restasse--j'en eus pour six semaines--les
medecins pretendant que j'etais perdu et le reste. Mais, quoique je
souffrisse beaucoup, je n'en etais pas moins un enfant plein de coeur.
Je me voyais sauve de la perspective de devenir "un respectable marchand
au detail et a la commission, faisant un gros chiffre d'affaires", et je
me sentais rempli de reconnaissance pour la protuberance qui avait
ete l'instrument de mon salut, ainsi que pour la genereuse femme, qui
m'avait originairement gratifie de cet instrument.

La plupart des enfants quittent la maison paternelle a dix ou douze ans;
j'attendis jusqu'a seize. Et je ne crois pas que je l'aurais encore
quittee, si je n'avais un jour entendu parler a ma vieille mere de
m'etablir a mon propre compte dans l'epicerie. L'epicerie!--Rien que d'y
penser! Je resolus de me tirer de la, et d'essayer de m'etablir moi-meme
dans quelque occupation _decente_, pour ne pas dependre plus longtemps
des caprices de ces vieux fous, et ne pas courir le risque de finir par
devenir un genie. J'y reussis parfaitement du premier coup, et le temps
aidant, je me trouvai a dix-huit ans faisant de grandes et profitables
affaires dans la carriere d'_annonce ambulante_ pour tailleur.

Je n'etais arrive

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Text Comparison with The Raven

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"'Tis some visitor," I muttered, "tapping at my chamber door-- Only this and nothing more.
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Back into the chamber turning, all my soul within me burning, Soon again I heard a tapping something louder than before.
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" Then the bird said "Nevermore.
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" "Prophet!" said I, "thing of evil!--prophet still, if bird or devil!-- Whether Tempter sent, or whether tempest tossed thee here ashore, Desolate, yet all undaunted, on this desert land enchanted-- On this home by Horror haunted--tell me truly, I implore-- Is there--_is_ there balm in Gilead?--tell me--tell me, I implore!" Quoth the Raven, "Nevermore.
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"Nevermore.