Derniers Contes

By Edgar Allan Poe

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au lieu de les affaiblir en les
multipliant. Les exigences de la Verite sont severes. Elle n'a aucune
sympathie pour les fleurs de l'imagination. Tout ce qu'il y a de plus
indispensable dans le Chant est precisement ce dont elle a le moins
affaire. C'est la reduire a l'etat de pompeux paradoxe que de
l'enguirlander de perles et de fleurs. Une verite, pour acquerir toute
sa force, a plutot besoin de la severite que des efflorescences du
langage. Ce qu'elle veut, c'est que nous soyons simples, precis,
elegants; elle demande de la froideur, du calme, de l'impassibilite. En
un mot, nous devons etre a son egard, autant qu'il est possible, dans
l'etat d'esprit le plus directement oppose a l'etat poetique. Bien
aveugle serait celui qui ne saisirait pas les differences radicales qui
creusent un abime entre les moyens d'action de la verite et ceux de la
poesie.

Il faudrait etre irremediablement enrage de theorie, pour persister, en
depit de ces differences, a essayer de reconcilier l'irreconciliable
antipathie de la Poesie et de la Verite.

Si nous divisons le monde de l'esprit en ses trois parties les plus
visiblement distinctes, nous avons l'Intellect pur, le Gout et le Sens
moral. Je mets le Gout au milieu, parce que c'est precisement la place
qu'il occupe dans l'esprit. Il se relie intimement aux deux extremes, et
n'est separe du Sens moral que par une si faible difference qu'Aristote
n'a pas hesite a mettre quelques-unes de ses operations au nombre des
vertus memes. Cependant, l'_office_ de chacune de ces facultes se
distingue par des caracteres suffisamment tranches. De meme que
l'Intellect recherche le Vrai, le Gout nous revele le Beau, et le Sens
moral ne s'occupe que du Devoir. Pendant que la Conscience nous enseigne
l'obligation du Devoir, et que la Raison nous en montre l'utilite, le
Gout se contente d'en deployer les charmes, declarant la guerre au Vice
uniquement sur le terrain de sa difformite, de ses disproportions, de sa
haine pour la convenance, la proportion, l'harmonie, en un mot pour la
Beaute.

Un immortel instinct, ayant des racines profondes dans l'esprit de
l'homme, c'est donc le sentiment du Beau. C'est ce sentiment qui est la
source du plaisir qu'il trouve dans les formes infinies, les sons, les
odeurs, les sensations.

Et de meme que le lis se reproduit dans l'eau du lac, ou les yeux
d'Amaryllis dans son miroir, ainsi nous trouvons dans la simple
reproduction orale ou ecrite de ces formes, de ces sons, de ces
couleurs, de ces odeurs une double source de plaisir. Mais cette simple
reproduction n'est pas la poesie. Celui qui se contente de chanter, meme
avec le

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Text Comparison with The Cask of Amontillado

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_At length_ I would be avenged; this was a point definitely settled--but the very definitiveness with which it was resolved, precluded the idea of risk.
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"Nitre?" he asked, at length.
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"Not I," I replied.
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As for Luchesi--" "He is an ignoramus," interrupted my friend, as he stepped unsteadily forward, while I followed immediately at his heels.
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There was then a long and obstinate silence.
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_In pace requiescat!_.