Cuentos Clásicos del Norte, Primera Serie

By Edgar Allan Poe

Page 69

el amor debía reinar con pasión extraordinaria.
Pero sólo en su muerte me impresionó plenamente la fuerza de su
sentimiento. Oprimía mis manos durante largas horas y desplegaba ante mí
los tesoros de su alma, que eran ya idolatría más que apasionada
devoción. ¿Qué había hecho yo para merecer la bendición de tales
confesiones? Y ¿qué había hecho para merecer el anatema de perder a mi
adorada en la hora misma de recibirlas? No puedo soportar detenerme más
tiempo en este tema. Séame permitido decir tan sólo que, en el abandono
tan femenino de Ligeia en su amor, ¡ay de mí, tan poco merecido, tan
liberalmente ofrendado! comprendí al fin la razón de su ardiente y
salvaje anhelo por aquella vida que ahora se le escapaba con tanta
rapidez. Esta violenta aspiración, este extraordinario deseo de vivir,
_solamente_ vivir, es lo que me encuentro incapaz de describir, no tengo
frases suficientes para expresarlo.

A las doce de la noche en que Ligeia desapareció, llamándome
perentoriamente a su lado con la cabeza, me pidió que recitara ciertos
versos compuestos por ella misma no hacía muchos días. Obedecí. Los
versos eran como sigue:

¡He aquí finalmente una noche de gala,
después de los recientes años desolados!
Un tropel de ángeles, envueltos en velos,
ahogados en llanto,
acude al teatro,
para ver un drama de esperanza y miedo,
mientras suspira la orquesta
la música infinita del espacio.

* * * * *

Bufones en lo alto con disfraz de dioses
gruñen y murmuran agitándose
en continuo y veloz revoloteo.
Son sólo títeres movidos
por seres poderosos e informes
que cambian a su antojo el escenario
y hacen brotar al golpe de sus alas de cóndor
¡Invisible Dolor!

* * * * *

¡Oh, el drama abigarrado!
¡Estad seguros de que no lo olvidaréis!

Last Page Next Page

Text Comparison with Eureka

Page 13
Ces fanatiques n'auraient-ils pas eu surtout quelque peine à déterminer par laquelle de leurs deux routes avait été atteinte la plus importante et la plus sublime de toutes leurs vérités, c'est-à-dire le fait de la gravitation? Cette vérité, Newton l'avait tirée des lois de Kepler.
Page 15
L'homme avait besoin d'un terme pour marquer la _direction_ de cet effort, le nuage derrière lequel est situé, à jamais invisible, _l'objet de cet effort.
Page 16
L'esprit, nous dit-on, accepte l'idée d'un espace _illimité_ à cause de la difficulté plus grande qu'il trouve à concevoir celle d'un espace limité.
Page 19
_Qu_'étions-nous, _que_ pouvons-nous supposer légitimement avoir été, quand nous fûmes _créés,_ nous, univers, primitivement et individuellement? Nous sommes arrivés à un point où l'Intuition seule peut venir à notre aide.
Page 22
V Pour l'accomplissement efficace et complet du plan général, nous devinons maintenant la nécessité d'une force répulsive limitée,--de _quelque chose_ qui serve à séparer, et qui, lors de la cessation de la Volition diffusive, puisse en même temps permettre le rapprochement et empêcher la jonction des atomes; qui leur permette de se rapprocher infiniment, et leur défende de se mettre en contact positif; quelque chose, en un mot, qui ait puissance, _jusqu'à une certaine époque,_ de prévenir leur fusion, mais non de contredire à aucun égard ni à aucun degré leur tendance à se réunir.
Page 25
Ici donc il y a non-coïncidence.
Page 29
Soit.
Page 31
Mais l'hésitation de la part de ces astronomes n'est pas si difficile à comprendre.
Page 35
Quand cette seconde couche a atteint sa destination ou pendant qu'elle s'en approche, un troisième exercice inférieur de la même force, ou une troisième force inférieure de même nature,--le nombre des atomes émis étant dans tous les cas la mesure de la force,--dépose une troisième couche sur la seconde,--et ainsi de suite, jusqu'à ce que ces couches concentriques, devenant de moins en moins vastes, atteignent finalement le point central; et alors la matière diffusible, en même temps que la force diffusive, se trouve épuisée.
Page 44
Ce que je désire faire entrer dans l'esprit du lecteur, c'est la certitude que, tout d'abord (la force diffusive ou Volition Divine s'étant retirée), de la condition des atomes telle que je l'ai décrite, ont dû, sur d'innombrables points à travers la sphère Universelle, naître d'innombrables agglomérations, caractérisées par d'innombrables différences spécifiques de forme, de grosseur, de nature essentielle, et de distance réciproque.
Page 50
La force qui emporte un corps stellaire autour de la planète principale tire, nous dit-on, son origine d'une impulsion donnée immédiatement par le doigt de la Divinité elle-même; car telle est la phraséologie enfantine usitée dans ce cas.
Page 52
J'ai considéré la force répulsive comme ayant pour but de prévenir le contact entre les atomes, et comme se produisant en raison du rapprochement, c'est-à-dire en raison de la condensation.
Page 53
L'éclat excessif de Vénus (qui, durant ses phases, laisse voir sur ses parties sombres de fréquentes Aurores) ne semble pas suffisamment expliqué par sa proximité de l'astre central.
Page 55
Sans entrer dans des détails qui touchent au domaine nuageux de la métaphysique, je puis faire observer que dans des cas semblables la force de conviction sera toujours, pour les véritables penseurs, proportionnée à la somme de _complexité_ comprise entre l'hypothèse et le résultat.
Page 62
En nous figurant que nous sommes placés ainsi, nous n'éprouverons plus aucune peine à nous rendre compte des phénomènes en question, qui sont uniquement des phénomènes de perspective.
Page 64
Nous savons qu'il existe un _groupe de groupes,_ une agglomération autour de laquelle, de tous côtés, s'étend un incommensurable Espace désert fermé à toute perception humaine.
Page 65
Il semble aspirer vers cette conception impossible avec une ferveur passionnée, avec l'espérance d'y croire intellectuellement aussitôt qu'il l'a conçue.
Page 67
_ Or, si l'orange est prise pour le Soleil et le pois pour une planète tournant autour de lui, la révolution devra se faire avec une vitesse variable plus ou moins grande, mais telle que le _radius vector_ franchira des aires _égales en temps égaux.
Page 73
Nous n'avons trouvé aucune parallaxe, absolument aucune.
Page 86
C'est simplement la séduction de cette symétrie qui nous a induits à accepter cette idée générale dont l'hypothèse de Madler n'est qu'une partie,--l'idée de l'attraction tourbillonnante des globes.